Mes citations préférées de Carlos Ruiz Zafon

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« Chaque livre a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. »

« Avec le temps, vous verrez que parfois, ce qui compte, ce n’est pas ce qu’on a, mais ce à quoi on renonce. »

« Les livres sont des miroirs, et l’on y voit que ce qu’on porte en soi-même. »

« Le sot parle, le lâche se tait, le sage écoute. »

« Les mots avec lesquels on empoisonne le cœur d’un enfant, par petitesse ou ignorance, restent enkystés dans sa mémoire et, tôt ou tard, lui brûlent l’âme. »

« Se demander simplement si on aime est déjà la preuve qu’on a cessé d’aimer. »

« Il y a des rustres qui s’imaginent que s’ils mettent la main au cul d’une femme et qu’elle ne proteste pas, l’affaire est dans le sac. Ce sont des ignares. Le coeur de la femme est un labyrinthe de subtilités qui défie l’esprit grossier du mâle à l’affût. Si vous voulez vraiment posséder une femme, il faut d’abord penser comme elle, et la première chose est de conquérir son âme. Le reste, le réduit douillet et chaud qui vous fait perdre les sens et la vertu, vous est donné de surcroît. »

« Le destin attend toujours au coin de la rue. Comme un voyou, une pute ou un vendeur de loterie: ses trois incarnations favorites. Mais il ne vient pas vous démarcher à domicile. Il faut aller à sa rencontre. »

« Un secret vaut ce que valent les personnes qui doivent le garder. »

« C’est du latin, petit. Il n’y a pas de langues mortes, il n’y a que des cerveaux engourdis. »

« Les cadeaux sont donnés pour le plaisir de celui qui les offre, pas pour les mérites de celui qui les reçoit. »

« Je ne connaissais pas encore le plaisir de lire, d’ouvrir les portes et d’explorer son âme, de s’abandonner à l’imagination, à la beauté et au mystère de la fiction et du langage. »

« Nous restons vivants tant que quelqu’un se souvient de nous. »

« Rien ne marque autant un lecteur que le premier livre qui s’ouvre vraiment un chemin jusqu’à son cœur. »

« L’attente est la rouille de l’âme. »

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« Là où les camarades voyaient de l’encre semée en chiures de mouche sur des pages incompréhensibles, je voyais de la lumière des rues et des êtres humains. Les mots et le mystère de leur science cachée me fascinaient et m’apparaissaient comme une clef permettant d’ouvrir un monde infini, bien loin de cette maison, de ces rues et de ces jours opaques où j’en avais déjà l’intuition, ne m’attendait qu’un avenir sans intérêt. »

« Un labyrinthe colossal de passerelles, de passages et de rayonnages remplis de centaines de milliers de livres se dressait devant moi, formant une gigantesque bibliothèque aux perspectives impossibles. Un écheveau de tunnels traversait l’immense structure qui montait en spirale vers une grande coupole vitrée d’où filtraient des rideaux de lumière et de ténèbre. « 

« Le talent est comme la force d’un athlète. On peut naître avec plus ou moins de dispositions, mais nul ne parvient à être un athlète simplement parce qu’il est né grand, fort ou rapide. Ce qui fait l’athlète, ou l’artiste, c’est le travail, le métier et la technique. L’intelligence que tu as reçue à ta naissance est juste une munition. Pour parvenir à en faire quelque chose, il est nécessaire que tu transformes ton esprit en arme de précision. »

« Toute oeuvre d’art est agressive, Isabella. Et toute vie d’artiste est une petite ou une grande guerre, en premier lieu avec soi-même et ses limitations. Si tu veux atteindre le but que tu te proposes, quel qu’il soit, il faut d’abord l’ambition et ensuite le talent, la connaissance, et, enfin, la chance. »

« Il n’est rien, sur le chemin de la vie, que nous ne sachions déjà avant de nous y être engagés. On n’apprend rien d’important dans l’existence, on ne fait que se souvenir. »

« Rien n’est juste. Au mieux, on peut aspirer à ce que ce soit logique. La justice est une maladie rare dans un monde qui n’a pas besoin d’elle pour se porter comme un charme. »

« Les bonnes paroles sont des cadeaux gratuits qui n’exigent pas de sacrifices et font plus plaisir que les vrais. »

« L’un des principaux expédients propres à l’écrivain professionnel qu’Isabella avait appris de moi était l’art et la pratique de la procrastination. Tout vétéran dans ce métier sait que n’importe quelle occupation, que ce soit tailler un crayon ou compter les mouches, à a priorité sur l’acte de s’asseoir à son bureau et se creuser la cervelle. »

« Toute ma vie, j’avais senti que les pages que je laissais sur mon passage faisaient partie de moi. Les gens normaux mettent des enfants au monde ; les romanciers comme moi, des livres. Nous sommes condamnés à laisser nos vies à l’intérieur, même s’ils ne nous en témoignent presque jamais de reconnaissance. Nous sommes condamnés à mourir dans leurs pages, et parfois même ce sont eux qui nous ôtent la vie. »

« C’est pour cela, peut-être, que tous les prenaient pour un athée, mais il était un homme de foi. Il croyait en ses amis, en certaines vérités et en une entité à laquelle il ne s’aventurait pas à donner un nom ni un visage, parce que, répétait-il, nous les prêtres, nous étions là pour ça. M. Sempere croyait que nous appartenions à un grand ensemble et que, en quittant ce monde, nos souvenirs et nos passions ne se perdaient pas. Pour lui, ils devenaient les souvenirs et les passions de ceux qui prennent notre relève. »

« Ce lieu est un mystère. Un sanctuaire. Chaque livre, chaque tome que tu vois a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et ont rêvé avec lui. Toutes les fois qu’un livre change de mains, toutes les fois que quelqu’un parcourt ses pages, son esprit grandit et devient plus fort. Ici, les livres dont personne ne se souvient, les livres qui se sont perdus dans le temps, vivent pour toujours, en attendant d’arriver dans les mains d’un nouveau lecteur, d’un nouvel esprit… »

« L’incompétent se présente toujours comme expert, le cruel comme pitoyable, le pécheur comme dévot, l’usurier comme bienfaiteur, l’arrogant comme humble, le vulgaire comme distingué et l’abruti comme intellectuel. »

« Savez- vous quel est l’avantage des cœurs brisés ? demanda la bibliothécaire. J’exprimai mon ignorance. C’est qu’ils ne peuvent véritablement se briser qu’une fois. Les suivantes ne sont que des égratignures. »

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« Les années ont beau passer, on n’oublie pas les visages que l’on déteste aussi cordialement. »

« C’est bien. Je me rends. Mon nom est Sebastian Salgado. Profession : syndicaliste. Serrons-nous la main et soyons amis, mais je vous en prie, arrêtez de péter, parce que je commence à avoir des hallucinations et je vois en rêve Noi del Sucre danser le charleston. »

« Il arrive qu’on se fatigue de fuir, dit Fermin. Le monde est très petit quand on ne sait pas où aller. »

« Je ne sais plus où j’ai lu que, au fond, nous n’avons jamais été celui que nous croyons, et que nous ne faisons que nous souvenir de ce qui ne s’est jamais passé… déclara-t-il. »

« Dans ce monde, on pardonne tout, sauf la vérité. »

« On ne décide pas de son avenir, on le mérite. »

« Ne vous vexez pas, Daniel, mais vous avez le problème classique des hommes qui se marient avec une femme trop belle. Mme Bea, qui est et restera toujours pour moi une sainte, est, comme on dit vulgairement, un plat de choix à s’en lécher les doigts. En conséquence, il est prévisible que des crapules, des misérables, des Tarzan de piscine et toute une ribambelle de petits coqs de basse-cour lui courent derrière. Avec ou sans mari et enfant, parce que ça, le singe habillé que nous avons la faiblesse d’appeler Homo Sapiens s’en fiche complètement. Vous ne vous en rendez pas compte, pourtant je suis prêt à jouer mes chaussettes que votre sainte épouse attire autant de mouches qu’un pot de miel à la foire d’avril. Ce crétin est un charognard qui lance des pierres pour voir comment on va réagir. Croyez-en ma vieille expérience, une femme comme elle, qui a la tête sur les épaules, les repère de loin. »

« Un bon menteur sait que le mensonge le plus efficace est toujours une vérité dont on a soustrait une pièce clef. »

Le labyrinthe des esprits

« Nous, les mortels, nous ne parvenons jamais à connaître notre véritable destin, pour la plupart ; nous sommes simplement bousculés par lui, renversés. Quand nous relevons la tête et que nous le voyons s’éloigner sur la route, il est trop tard, et nous devons faire le reste du chemin dans le fossé de ce que les rêveurs appellent la maturité. L’espoir est simplement la foi dans le fait que ce moment n’est pas encore arrivé, que nous parviendrons à discerner notre véritable destin quand il approchera et que nous pourrons sauter à bord avant de voir s’évanouir à jamais l’opportunité d’être nous-mêmes, nous condamnant à vivre du vide, avec la nostalgie de ce qui devait être et ne fut jamais. »

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