Ta vie ou la mienne

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Titre : Ta vie ou la mienne

Auteur : Guillaume Para

Editions : Anne Carrière

Genre : Contemporain

RÉSUMÉ

Hamed Boutaleb naît à Sevran, en Seine-Saint-Denis. Orphelin à l’âge de treize ans, il part vivre chez son oncle et sa tante à Saint-Cloud, commune huppée de l’Ouest parisien. Pour la première fois, une existence sans adversité s’offre à lui.
Hamed s’épanouit avec une passion : le football. Il brille dans le club de la ville. François, l’un de ses coéquipiers, devient son grand ami. À seize ans, le jeune homme tombe amoureux de Léa, qui appartient à un autre monde, la haute bourgeoisie. L’amour qui les lie défie leurs différences. Mais une nuit, leurs existences basculent à tout jamais.
Hamed va passer quatre années en prison, avec la violence comme seule alliée.
Comment revenir à la vie après avoir côtoyé les ténèbres ? Hamed et Léa se retrouveront quelques années plus tard. Mais leur amour, toujours présent, suffira-t-il à les réunir ?

MON AVIS

Encore un roman découvert grâce à Instagram, et surtout grâce à la gentillesse de Guillaume Para, qui a accepté de me l’envoyer.

Guillaume Para est un journaliste politique de 35 ans, passionné de culture et de football. Bénédicte en a fait le portrait sur son blog Au fil des livres, et nous permet ainsi d’en apprendre davantage sur cet auteur qui se révèle être pour moi une plume à suivre. « Ta vie ou la mienne » est son premier roman. Et quel roman…

J’avais vraiment hâte de commencer ce livre bien qu’à la lecture du résumé, j’ai eu peur de tomber dans le cliché. En effet, l’histoire tourne autour d’un jeune de cité qui tombe amoureux d’une fille de bonne famille et dont le meilleur ami s’appelle « François ». Je vous rassure, dès les premières pages mes doutes se sont dissipés et je suis entrée dans l’histoire beaucoup plus vite que je n’ai su en sortir. L’écriture est fluide, à la fois violente et poétique. Le récit va à l’essentiel, il file à toute vitesse, les descriptions ne sont ni trop longues ni trop courtes. Chaque phrase a sa place et l’auteur ne s’embête pas avec les détails inutiles, ce qui rend la lecture rapide et addictive. Quand je dis rapide, je veux dire par là que j’ai lu ce livre en vingt-quatre heures avec l’envie incessante de connaître la suite, et pour autant, j’ai pris le temps de savourer, de relire et de noter certains passages. Car dans cet ensemble de chapitres courts, certaines phrases m’ont marquée. Elles m’ont touchée en plein cœur par leur douceur, leur profondeur et leur sincérité.

« Une dépendance profonde s’était créée entre eux, un amour trop passionné peut-être, mais ils ne pouvaient s’en défaire : ils chérissaient leur façon d’exister ensemble, cette petite musique à eux leur était indispensable. »

« Le soleil nimbait sa silhouette d’une lumière dorée. Sa posture, ses gestes, sa grâce émurent Hamed aux larmes. La beauté de Léa, son regard bleu et l’arrondi de ses formes constituaient pour lui un spectacle magnétique. »

Guillaume Para évoque dans ce roman des sujets poignants. La violence est pour moi le thème central. Elle est présente du début à la fin, que ce soit à l’école, à la maison, dans les cités, sur le terrain de football, en prison, dans les rues… Elle ne nous quitte jamais et est parfaitement décrite, avec une analyse complète de ses retentissements sur la personne concernée ainsi que sur son entourage et sur l’ensemble de leurs vies. Elle se matérialise par la mort, le viol, la dépression, la maladie, tous ces sujets abordés avec simplicité et authenticité, sans tabou.

« Ecoute. On ne va pas se mentir : ça ne sert à rien d’essayer, tous les deux. Toi aussi tu me plais, t’es la plus jolie fille de ce putain d’endroit, mais ça ne marchera pas. Tu sais pourquoi ? Parce que les « jeunes de banlieue », leur vie pue, et tu t’en rendras compte bien assez tôt. Ca pue la merde dans nos cages d’escalier, nos parents puent la sueur quand ils rentrent du boulot, nos salons puent le désodorisant pour chiottes. Moi-même, je pue la défaite. Tu crois qu’être pauvre, c’est quoi ? Etre pauvre, ça pue, et ça a un goût, celui du sang dans ma bouche quand mon père me tabassait. Je veux pas te faire pleurer, Léa, mais circule, y a rien à voir. Toi et moi, ça pue le malheur. »

En opposition à cette violence, la puissance de l’amour et de l’amitié a une place majeure dans le récit. Cette même puissance offre un souffle nouveau au lecteur et lui redonne espoir. Hamed est tout d’abord un jeune garçon doux et honnête. Il devient un homme brisé essayant tant bien que mal de s’en sortir dans une vie qui ne lui a jamais fait de cadeau et dont la destinée semble déjà toute tracée. J’ai beaucoup aimé me plonger dans les tréfonds de son esprit, connaître ses peurs, ses doutes, ses mécanismes de défense, ses passions, ses désirs, ses envies… J’ai beaucoup apprécié également les personnages secondaires. Je me suis attachée à chacun d’eux d’une façon différente. Les valeurs qu’ils prônent sont puissantes et incitent à réflexion. Ce livre est une belle leçon de vie, et dans tous les domaines.

« Tu t’es défendu, Hamed, et c’est normal. Mais la violence n’est jamais une solution. C’est comme un virus, tu comprends ? Si tu l’attrapes, tu n’en guéris pas, et il se répand… »

J’ai été émue dès la page 55. J’ai senti à la lecture d’une phrase mon cœur se serrer. C’est à ce moment que j’ai su que cet ouvrage ferait partie de ces romans poignants que l’on ne peut oublier. Mes yeux se sont embués un peu plus loin et j’ai refermé ce livre en soufflant un grand coup. Une grande respiration qui veut tout simplement dire « WOW » et qui me libère de l’apnée dans laquelle ces pages m’ont glissée.

« Son corps emprisonné était l’autoritaire gardien de son âme. »

Merci, merci beaucoup Guillaume Para. Grâce à vous j’ai aimé comme Léa, j’ai souffert comme Hamed, j’ai ri comme François, admiré le Maroc comme Tarek et la beauté du monde comme Jean-Louis. Merci de m’avoir fait passer un agréable moment et d’avoir su toucher mon âme. Je suis fière de ranger ce livre dans ma bibliothèque, et encore plus de le savoir dédicacé.

MA NOTE : 18/20

« Hamed pensa alors que rien ne s’effaçait jamais, que tout s’ajoutait. »

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